Le mythe du planning parfait
Si tu es ici, c’est que tu fais partie du club des entrepreneuses qui veulent un planning entrepreneuse qui leur laisse du temps off sans culpabiliser.
Un agenda clair, des créneaux bien définis, des tâches organisées. 16h, tu coches ta dernière tâche de la journée et tu fermes ton ordinateur pour profiter du reste.
Derrière l’envie d’un planning parfait, il y a surtout la peur de déborder, de ne jamais vraiment s’arrêter, et la culpabilité qui t’envahit dès que tu poses ton ordi avant d’avoir tout fini.
Si seulement tu avais un planning parfait pour fermer ton ordi sans pitié.
Mais bon, un planning parfait à copier-coller n’existe pas. D’une, on n’a pas toutes les mêmes priorités, habitudes, et tout simplement pas la même vie.
Et, de deux… il y aura toujours les imprévus, des urgences, des obstacles qui viendront gâcher ta ravissante organisation.
Par contre, ce que tu peux faire, c’est adopter ces quelques réflexes (ou même juste 1 ou 2) pour t’aider à mieux absorber les imprévus au quotidien et à te laisser du temps pour toi. On fait le tour ?
1. Bloquer des créneaux plutôt qu’une liste to-do
Une to-do list toute seule a un gros défaut qu’on oublie souvent : elle ne dit jamais combien de temps une tâche va réellement prendre, ni quand tu vas concrètement t’y mettre.
Elle liste mais elle n’organise pas. Le résultat classique est que tout s’étale dans la journée sans queue ni tête, et ce qui devait te prendre une heure t’en prend finalement trois, entre deux notifications Insta et une pause-café qui dure mystérieusement 25 minutes (on connaît^^).
Le réflexe qui change vraiment la donne est de donner à chaque tâche un vrai créneau dans ton agenda, avec une heure de début et une heure de fin, exactement comme tu le ferais pour un rendez-vous client.
Ton cerveau ne traite pas l’information de la même façon face à un rendez-vous fixé dans le temps et face à une ligne perdue au milieu d’une liste de 40 trucs à faire.
Comment mettre en place des créneaux dans un planning
- Prends ta to-do du jour et, pour chaque tâche, attribue-lui un créneau précis dans ton agenda.
- Sois réaliste sur la durée : si tu sais qu’une tâche te prend en général le double du temps que tu prévois, bloque directement le double, si tu finis la tâche avant, ce sera la satisfaction plutôt que la déception.
- Regroupe les tâches similaires dans le même créneau plutôt que de zapper d’un sujet à l’autre (toutes tes réponses mails d’un coup, pas une entre deux autres tâches)
- Traite ce créneau comme un vrai rendez-vous : pas de notification, pas de « juste 5 minutes sur autre chose », jusqu’à ce que le temps soit écoulé.
La technique Pomodoro
Si un créneau te paraît trop long pour rester concentrée d’une traite (une session de deep work de deux heures, ça se mérite), tu peux le découper à l’intérieur avec la technique Pomodoro : 25 minutes de travail concentré, 5 minutes de vraie pause, et on relance. Nous… on adore !
Ça fonctionne super bien sur les tâches qu’on repousse parce qu’elles paraissent trop grosses ou trop pénibles, vu qu’on ne s’engage que sur 25 minutes à la fois.
Le but n’est pas de transformer ta journée en usine minutée où chaque seconde est comptée, hein ! C’est simplement donner à tes tâches importantes le même statut que tu donnes déjà à un appel client : un horaire, une durée, et l’intention réelle de t’y présenter.
👉 Retrouve toutes nos ressources pour gagner en productivité.
2. Laisser volontairement des trous dans ton planning
Un planning rempli à 100%, il craque à la première urgence. Et une urgence, il y en a toujours une : un client qui rappelle au mauvais moment, un logiciel qui plante la veille d’une deadline, un enfant malade un jour de rendez-vous important, une demande de devis…
Garder volontairement des créneaux vides dans la semaine, c’est ce qui te permet d’absorber l’imprévu sans que toute ta semaine parte en vrille derrière.
Sans cette marge, un seul grain de sable suffit à faire dérailler tout le reste, jour après jour, jusqu’au vendredi où tu te demandes où est passée ta semaine.
Et si finalement rien n’explose cette semaine là, ce créneau ne reste pas vide pour autant. Garde toujours une petite liste à part, séparée de ta to do principale, avec tout ce qui n’est ni urgent ni bloquant mais que tu repousses depuis des semaines.
Des tâches comme trier tes fichiers, tester ce nouvel outil, ranger ta boîte mail, mettre à jour ta bio Instagram, avancer sur cette formation que tu veux mettre en place depuis un moment.
Rien de vital, mais tout ce qui s’accumule en silence et qui finit par peser sans qu’on sache vraiment pourquoi. Ce créneau devient alors soit ta soupape de sécurité, soit ta session « petites tâches oubliées », selon ce que la semaine te réserve.
3. Transformer un gros projet en actions précises
« Lancer ma nouvelle offre » n’est pas une tâche. C’est un énorme bloc dans lequel on adooore procrastiner, parce qu’on ne sait littéralement pas par où commencer, et que face à un truc aussi gros, le cerveau préfère souvent aller vérifier ses mails pour la dixième fois ou faire un tour sur Insta. On connaît trop bien…
Et la magie opère justement à ce moment-là : dès que tu commences à découper un projet, tout devient plus concret, donc plus facile à démarrer, un morceau après l’autre :
Étape 1 : découper le gros bloc en morceaux qui tiennent dans une session de travail
Prends ton projet et pose-toi cette seule question : « Quelle est la première chose concrète que je dois faire pour avancer là-dessus ? »
Pour « organiser mon prochain atelier en ligne », ça donne par exemple :
- Choisir la date et la plateforme
- Écrire le déroulement de l’atelier (présentation, blocs, questions, appel à l’action)
- Rédiger le script ou les grandes lignes de ce que tu vas dire
- Créer les visuels (slides, bannière, post d’annonce)
- Créer la page d’inscription
- Annoncer l’atelier à ta liste et sur les réseaux
Chaque ligne doit être une action que tu peux cocher en une session de travail, pas un sous projet qui cache encore dix étapes à l’intérieur.
Si une tâche te demande de réfléchir à « comment je vais m’y prendre » avant même de commencer, c’est qu’elle est encore trop grosse, il faut la redécouper une fois de plus.
💡 Si tu veux voir comment structurer un projet dedans de A à Z, on a écrit un article dédié sur Miro.
Étape 2 : prioriser ton planning, trier ce qui compte de ce qui peut attendre
Une fois le projet découpé, tout ne se vaut pas. La méthode la plus simple à retenir tient en deux questions, à te poser pour chaque tâche :
- Est-ce que ça a un vrai impact sur ton objectif, ou est-ce que ça fait juste illusion de productivité ?
- Est-ce qu’il y a une réelle urgence derrière, ou est-ce que ça peut attendre la semaine prochaine sans rien casser ?
Ce qui coche les deux cases (impact réel et urgence réelle), ça passe en premier, sans discussion. Ce qui a de l’impact mais aucune urgence, ça se bloque quand même dans ton planning, sinon ça finit toujours par disparaître au profit de trucs urgents mais sans intérêt.
Et ce qui n’a ni impact ni urgence, tu as le droit de le virer purement et simplement de la liste, sans culpabiliser.
Ce qui bloque le plus souvent, c’est de garder un projet entier dans sa tête sous forme de gros bloc anxiogène plutôt que de l’avoir sorti sur le papier en petits bouts mordables. Une fois découpé, même un projet qui te faisait « peur » devient une simple liste de cases à cocher, une par une.
4. Planifier ton temps perso en premier
C’est souvent la toute première chose qu’on sacrifie dès que ça déborde. Le sport qui saute, le déjeuner avec une amie repoussé pour la troisième fois, la soirée censée être off qui se transforme en session mails « juste 10 minutes ».
Et pourtant, c’est exactement ce qui te permet de tenir sur la durée…
Le problème avec « je verrai ce qu’il reste en fin de semaine », c’est qu’il ne reste jamais rien. Ton temps perso hérite systématiquement des miettes, parce qu’il n’a jamais de créneau à lui, contrairement à un appel client ou une deadline qui, eux, sont bien calés dans l’agenda.
La solution tient en un seul changement d’ordre :
- Bloque ton temps de repos et tes activités perso en tout premier dans ton planning de la semaine, it’s YOU TIME !
- Traite ces créneaux exactement comme un rendez-vous client : ils ne bougent pas pour « juste une petite urgence ».
- Laisse ensuite le reste de ton activité s’organiser autour de ces blocs, et non l’inverse
- Si un vrai arbitrage est nécessaire, fais-le consciemment plutôt que de laisser ton temps perso disparaître par défaut, sans même t’en rendre compte
Ce n’est pas une question d’égoïsme ou de priorités mal placées. Ce temps est primordial pour toi, on en a toutes tellement besoin, et le voir noir sur blanc dans ton planning te permet d’en profiter sans culpabiliser.
Et rassure toi, les autres entrepreneuses font exactement pareil (enfin, normalement 😉).
👉 Ce temps perso, c’est aussi ce qui t’évite de tomber dans l’isolement qui guette quand tu travailles seule au quotidien.
5. Faire un petit point hebdomadaire sur ton planning
Ce qui marche bien pour nous : on clôture la semaine le vendredi après midi avec un petit récap. On reprend le planning qu’on s’était fixé en début de semaine, on se pose dix minutes pour faire le tour, et surtout, on prend le temps d’être fières de ce qui a été fait.
On ne reste surtout pas bloquée sur ce qui n’a pas été fait, ça reviendra la semaine suivante, et si ça n’a pas avancé, c’est souvent le signe qu’on avait mal découpé la tâche, mal estimé le temps, ou qu’il y a eu trop d’urgences cette semaine-là. Rien de grave, c’est OK !
Ce même créneau du vendredi aprem peut aussi servir à planifier les grandes lignes de la semaine suivante. Tu couches tout sur le papier (ou dans Notion, Miro, peu importe l’outil).
Ta tête se libère instantanément. Et, tu verras, ton week-end sera beaucoup plus léger !
Si un petit rituel du dimanche soir te convient mieux, avec bougie et carnet, garde-le précieusement. Le jour et le décor n’ont pas d’importance.
Pas besoin d’y consacrer deux heures, même dix minutes suffisent pour te demander ce qui a avancé, ce qui a coincé, et ce qui compte vraiment pour la semaine suivante.
En résumé, 5 réflexes pour le planning d’entrepreneuse
Aucune de ces habitudes ne demande un système complexe. Le vrai levier, c’est de commencer petit, avec une ou deux de ces pratiques plutôt que de vouloir tout révolutionner d’un coup.
Et on te le dit avec tout notre cœur : un planning bien pensé ne réglera jamais une charge de travail qui dépasse ce qu’une journée peut raisonnablement contenir.
Si tu sens que ton problème est plus profond qu’une simple question de méthode, notre Parole d’Experte avec Sarah Bloyet, sur la charge mentale de l’entrepreneuse, va sûrement te parler davantage. Tu n’es pas seule à ressentir ça, et ce n’est jamais qu’une histoire d’organisation.
💡 Si tu cherches de bons outils pour poser tout ça noir sur blanc, on a rassemblé notre sélection dans cet article sur les outils de gestion d’entreprise.
Comment organiser son planning quand on est entrepreneuse ?
La clé n’est pas d’avoir un planning figé, mais un planning qui absorbe l’imprévu. Ça passe par le fait de laisser volontairement des créneaux vides dans la semaine (voir réflexe n°2), plutôt que de tout remplir à 100%. Un planning entrepreneuse qui tient dans la durée, c’est un planning qui prévoit les imprévues !
Faut-il tout bloquer dans son agenda, même les petites tâches ?
Pas forcément tout, mais toute tâche qui te prend plus de 15-20 minutes gagne à avoir un créneau dédié plutôt qu’une ligne dans une to-do list. L’idée n’est pas de minuter chaque seconde de ta journée, mais de donner à tes tâches importantes le même statut qu’un rendez-vous client, avec une heure de début et une heure de fin.
Comment ne pas culpabiliser quand on n’a pas fini sa to-do du jour ?
En acceptant qu’un planning entrepreneuse n’a pas vocation à être rempli à 100% chaque jour. Le point hebdomadaire du vendredi (réflexe n°5) sert justement à ça : regarder ce qui a avancé sans se focaliser sur ce qui reste, et comprendre que ce qui n’a pas avancé cette semaine trouvera sa place la suivante.
Quels outils utiliser pour un planning entrepreneuse ?
Des outils comme Notion ou Miro fonctionnent bien pour visualiser ton découpage de projets et ton planning hebdomadaire. Le choix de l’outil compte moins que la régularité avec laquelle tu l’utilises : un planning que tu ne consultes jamais ne sert à rien, aussi bien conçu soit-il.




























