Tu viens de te lancer en auto-entreprise ? Bravo ! Maintenant, parlons choses sérieuses : les charges. Impôts, CFE, TVA, compte bancaire… Qu’est-ce qui est obligatoire dès la première année, et qu’est-ce qui peut attendre ?
Bonne nouvelle : c’est moins compliqué que ça en a l’air. On fait le point ensemble.
Les charges à anticiper dès la première année
L’impôt sur le revenu
Pas de surprise : en tant qu’auto-entrepreneur, tu es soumise à l’impôt sur le revenu dès la première année. Même si le paiement se fera l’année suivante, autant l’anticiper maintenant.
Tu as deux options :
Le versement libératoire
Un pourcentage (1 %, 1,7 % ou 2,2 % selon ton activité) est ajouté directement à tes cotisations URSSAF chaque mois ou trimestre. Simple, prévisible, et tu n’y penses plus.
L’imposition classique
Ton chiffre d’affaires est ajouté aux revenus de ton foyer fiscal après un abattement forfaitaire automatique (qui dépend de ton activité). Le calcul se fait l’année suivante, avec ton avis d’imposition.
Comment choisir ?
Ça dépend de ta situation fiscale et de ton CA. Si tu n’as pas opté pour le versement libératoire, pense à mettre un peu d’argent de côté pour le paiement l’année prochaine (qui sera étalé sur plusieurs mois).
La Contribution à la Formation Professionnelle (CFP)
En plus de tes cotisations URSSAF, tu paies automatiquement une petite contribution pour financer ton droit à la formation professionnelle.
Les taux 2026 :
- 0,1 % de ton CA si tu es commerçante
- 0,2 % si tu es en profession libérale
- 0,3 % si tu es artisane
Cette contribution est prélevée automatiquement avec tes cotisations URSSAF chaque mois ou trimestre. Tu n’as aucune démarche particulière à faire.
Le bon côté : Grâce à cette cotisation, tu peux demander des prises en charge pour tes formations via des organismes comme l’AGEFICE, le FAFCEA ou le FIF-PL (selon ton activité).
Les outils de facturation
Dès septembre 2026, la facturation électronique devient obligatoire. Tu devras être capable de recevoir des factures électroniques, puis d’en émettre dès septembre 2027 si tu es auto-entrepreneur.
Fini les factures « maison » sur Google Sheets ou Excel. Il te faudra un outil de facturation conforme à la loi.
Bonne nouvelle : certains outils comme Indy, Tiime ou Abby proposent des versions gratuites. Sinon, compte entre 10 et 20 € par mois pour un outil fiable et simple d’utilisation.
👉 À lire : Indy vs Abby vs Tiime : quel logiciel compta choisir en 2026 ?
L’assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro)
Pour qui c’est obligatoire :
Si tu exerces dans certains secteurs (santé, BTP, transport, droit, finance, sécurité), l’assurance RC Pro est obligatoire dès le premier jour. Elle couvre les dommages que tu pourrais causer à des tiers dans le cadre de ton activité.
Professions concernées :
- Professionnels de santé
- Artisans du bâtiment (avec garantie décennale en plus)
- Transport (VTC, marchandises)
- Professions du droit (avocats, notaires, agents immobiliers)
- Finance et assurance (experts-comptables, courtiers, conseillers patrimoine)
- Agents de sécurité et gardiennage
Pour les autres :
Un oubli, une erreur, un client mécontent… et les frais peuvent vite grimper. Avoir une RC Pro, c’est surtout se protéger !
💡 Côté assurance, des acteurs comme notre partenaire Orus proposent des contrats pensés pour les indépendantes et auto-entrepreneuses, avec des tarifs clairs et une souscription en ligne rapide. Un bon point quand on veut avancer sans se noyer dans la paperasse.
Budget à prévoir : Entre 100 et 300 € par an selon ton activité et les garanties choisies.
Bon à savoir : Si l’assurance est obligatoire pour ton activité, tu dois mentionner sur tes factures et devis : le nom de ton assureur, les coordonnées et la couverture géographique.
Ce que tu n’as pas encore besoin de payer la première année
La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) 🤡
Une taxe locale entourée de flou, de rumeurs et de soupirs collectifs. On en entend parler sans trop savoir à quoi elle sert, ni combien elle va coûter. Mais, la première année de création de ta micro-entreprise, ce n’est pas pour tout de suite ! Tu es automatiquement exonérée et tu as un an pour t’y faire (et de l’anticiper en général pour le mois de décembre !)
Pour la suite : toutes les personnes exerçant une activité professionnelle non salariée doivent normalement payer la CFE. C’est un impôt local qui varie entre 250 et 1 000 € selon ta commune, ton activité, et ton chiffre d’affaires.
👉 Pour en savoir plus, c’est par ici : C’est quoi la CFE Cotisation foncière des entreprises
Pour l’année suivante, si ton chiffre d’affaires annuel est inférieur ou égal à 5 000 €,
tu peux être exonérée totalement de CFE, même après la première année.
Le compte bancaire dédié
Contrairement aux idées reçues, tu n’es pas obligée d’ouvrir un compte pro dès le départ. La loi impose un compte dédié uniquement si ton CA dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives.
Même si ce n’est pas obligatoire, c’est quand même une bonne idée (et on te recommande fortement) de séparer tes finances perso et pro dès le début. Ça te simplifie la vie pour suivre ton activité et préparer ta compta.
Bon plan : Indy propose un compte pro gratuit. De quoi démarrer sans te ruiner.
Facturation, charges, mutuelle, retraite, obligations légales, calculer ta rentabilité… on les a décortiqués pour toi (+ ressources gratuites), bref… tout pour passer de « je survis » à « je pilote » !
Je veux piloter mes finances 💰 →Et la TVA, dans tout ça ?
En tant qu’auto-entrepreneur, tu bénéficies par défaut de la franchise en base de TVA. Concrètement, tant que tu ne dépasses pas certains seuils, tu ne factures pas de TVA à tes clients et tu n’as rien à reverser à l’État.
Comment ça marche ?
- Si tu dépasses le seuil de base (mais restes sous le seuil majoré) : tu ne factures pas de TVA cette année, mais tu devras commencer dès le 1ᵉʳ janvier suivant.
- Si tu dépasses le seuil majoré : tu deviens redevable immédiatement, dès le jour du dépassement. Tu devras alors ajouter la TVA sur la facture qui te fait franchir le seuil et sur toutes les suivantes.
Autrement dit, tu n’es pas concernée par la TVA la première année… sauf si ton activité décolle vraiment fort dès le début (et dans ce cas, bravo !).
Voici les plafonds 2026 à surveiller :
| Activité | Seuil de base (N-1) | Seuil majoré (immédiat) |
|---|---|---|
| Commerce et Hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestation de services et Libéral | 37 500 € | 41 250 € |
| Avocat (activités réglementées) et Artiste-interprète/Auteur | 50 000 € | 55 000 € |
| Avocat (activités non réglementées) | 35 000 € | 38 500 € |
Note : Ces seuils sont ceux de 2025 maintenus pour 2026. Pense à vérifier régulièrement sur Service-Public.fr pour les mises à jour.
En résumé : Quelles charges auto-entrepreneur première année
Au-delà de ces aspects légaux, pense aussi à prévoir un petit budget pour les frais du quotidien : tes abonnements (outils, logiciels), ta com’, etc.
Bien anticiper ses charges la première année, c’est se donner la liberté de se concentrer sur l’essentiel : faire grandir son activité. Et ça, c’est déjà une belle victoire.
Maintenant que tu connais tes charges, l’étape suivante est de structurer ton budget pro et perso pour piloter sereinement ton activité.
Si tu as des doutes, n’hésite pas à te faire accompagner par un comptable ou à rejoindre une communauté d’entrepreneurs pour échanger. Tu n’es pas seule dans l’aventure.
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