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Interview avec
Sophie Plumer, 

Après dix années intenses à Paris comme consultante en management puis responsable RH, Sophie choisit de ralentir, de revenir à l’essentiel… et à l’océan. Installée à Carnac en Bretagne, elle se consacre depuis quatre ans à ce qui la fait vibrer : créer du lien entre les personnes, dans la vie comme en entreprise. Elle produit des podcasts pour des organisations, afin de valoriser les collaborateurs, faire circuler la parole, et renforcer l’écoute entre collègues. Elle accompagne aussi des dirigeants et des équipes, à travers du coaching et du conseil, pour améliorer les dynamiques collectives, les rituels, la communication.

Sophie est également cofondatrice du Collectif SOWOW, un think tank féminin engagé sur l’avenir du travail et la relation entre talents et entreprises.

Côté passion, elle anime le podcast CHEF[FE], un média inspirant où elle interroge des leaders sur leur posture, leur créativité, et leur rapport au monde.

Maman d’une petite fille, amoureuse des tempêtes bretonnes, de pilates, d’art moderne et de vin blanc, Sophie incarne une posture humaine, sensible et joyeusement engagée.

1. Qu’est-ce qui t’a donné le déclic pour te lancer à ton compte ?

Le rythme de travail. À l’époque, je suis Responsable RH dans un grand cabinet de conseil parisien. Je travaille beaucoup (trop) : je suis souvent au bureau à 8h et je rentre chez moi entre 20h et 21h, je ne prends pas de pause déjeuner et j’enchaine les réunions. Mon entreprise est festive et en tant que RH, je « dois » être présente aux soirées donc parfois, j’enchaine 2 à 3 soirées de boulot dans la semaine. J’adore cette vie, j’adore l’adrénaline, les responsabilités, les 1000 projets. J’apprends beaucoup, on me fait confiance, je progresse à vitesse grand V, mon salaire progresse aussi vite.

Avec mon compagnon, nous décidons de nous marier. Nous parlons alors de fonder une famille, d’avoir un bébé etc… et là, je ressens très fortement qu’il n’y a pas du tout la place pour un bébé dans ma vie. Et ça me brise le cœur. Moi qui me suis toujours imaginée Maman, prendre conscience que la vie que je mène est incompatible avec la maternité me rend triste.

Avec cette prise de conscience, je comprends aussi que je me suis perdue dans le travail et que pour vivre une maternité sereinement, j’ai un travail à faire sur moi : savoir qui je suis, rééquilibrer mon rapport à mon corps, à mon alimentation, à ma famille, à ma santé. Je décide alors de prendre un congé sabbatique : je le dédie à un projet créatif : un podcast. Je découvre un peu l’entrepreneuriat. 6 mois plus tard, je reviens à mon poste en pensant que c’était une parenthèse, mais au bout de 3 semaines, je ne supporte plus le cadre de l’entreprise, ni la pression, le rythme. Je démissionne pour me lancer et vivre tel que j’ai envie de vivre : libre, créative, ouverte sur le monde.

 

2. Comment as-tu décroché tes premiers clients ?

J’avais une offre très précise en tête « produire des podcasts RH pour des entreprises » et j’en ai parlé à TOUT le monde. Tout monde réseau, mes potes, mes anciens collègues et surtout mes invités de podcast. De bouche à oreilles, j’ai eu des premières touches que j’ai gagnées. Ce qui a le plus compté : avoir une offre très claire, très compréhensible pour que les autres puissent en parler pour moi. Cette offre s’appuyait sur 1 compétence forte : mon métier de RH dans lequel j’avais beaucoup d’expérience et 1 passion : le podcast, média que j’adore. Donc à chaque fois que je pitchais mon projet, j’étais crédible et je donnais envie. J’ai mis beaucoup d’énergie dans le développement de cette activité car je n’avais pas de chômage donc il fallait vite trouver de l’argent, c’est ce qui m’a boostée pour trouver mes clients. Je ne me suis pas posée trop de questions, j’ai foncé !

 

3. Le syndrome de l’imposteur, ça te parle ? Comment tu fais pour le surmonter ?

Évidemment ça me parle ! Je doute très souvent, trop souvent et je sais que ça me bloque parfois. Quand il vient et revient, je lui parle comme à un ami fidèle qui m’accompagne sur mon chemin d’entrepreneuse. Je sais qu’il sera toujours là et qu’il peut être bénéfique parfois. Donc, je l’accueille, mais je ne le laisse pas prendre le contrôle. Je me suis constitué un « book du boost » : c’est un recueil de tous les compliments que j’ai reçus depuis le début de l’aventure. Je copie colle les messages sympas et quand le syndrome de l’imposteur revient : je regarde tout le bien que les gens pensent de moi. Parfois, ça ne suffit pas à me rebooster donc j’en parle à mon mari qui est d’un soutien sans faille, à des amis. Avec le temps, je sais aussi que ce syndrome ne remet pas en question TOUT ce que je fais mais que j’ai besoin d’être rassurée sur certains aspects comme le lancement d’une nouvelle offre. Donc je me note ce qui me fait douter et je regarde si ces doutes sont basés sur des vrais manquements de ma part ou juste sur une peur irrationnelle. Si c’est fondé, j’agis et si c’est irrationnel : j’attends que ça passe car ça finit toujours par passer.

 

4. As-tu un rituel ou une habitude qui t’aide à rester zen et motivée ?

Je fais du yoga et je me couche tôt. Quand on entreprend, tout repose sur nous : notre forme, notre mental, notre énergie donc c’est vraiment la ressource prioritaire. Je fais du yoga en studio 2 à 3 fois par semaine pour faire redescendre la pression mentale et pour sentir mon corps fort et puissant. Cette puissance corporelle me donne confiance en moi. Je me couche entre 21h30 et 22h pour être en forme le lendemain. Je me coupe des réseaux sociaux très souvent : je les utilise uniquement comme des outils de travail mais pas ou très peu à des fins personnelles car j’ai observé que ça faisait naitre chez moi beaucoup de stress.

5. Comment as-tu fêté ta première vraie victoire ?

C’était ma première année d’entrepreneuse, j’avais atteint mon objectif de chiffre d’affaire. J’ai fêté en m’offrant des moments d’inspiration et de détente : un déjeuner du Curiosity Club avec une actrice que j’adore, une retraite de yoga sur un week-end près de chez moi et une journée OFF en pleine semaine où je prends soin de moi. Sinon au quotidien, quand je gagne une mission par exemple : je débouche une bouteille de champagne avec mon amoureux et il me dit qu’il est fier de moi.

6. Y a-t-il eu un moment où tu as failli tout arrêter ? Qu’est-ce qui t’a permis de continuer ?

Je n’ai jamais failli tout arrêter mais je me pose la question régulièrement d’arrêter pour gagner plus d’argent. Car aujourd’hui, je ne me rémunère pas encore à la hauteur de ce que je souhaiterais. Mais je n’ai jamais franchi le pas, car la seule raison qui me ferait arrêter aujourd’hui c’est l’argent. Rien d’autre et ce n’est pas suffisant, car je gagne quand même ma vie. Je ne la gagne pas assez, mais je me verse un salaire depuis le début de mon aventure entrepreneuriale. Donc j’ai modifié mon style de vie pour accompagner mon chemin car je sais que ça peut prendre un peu de temps avant d’atteindre mes objectifs. Concrètement : j’ai stoppé mon prêt immo pendant 1 an, puis avec mon mari, nous avons décidé de changer de lieu de vie pour vivre plus près de la nature. Il s’avère que nos charges immobilières ont aussi diminué. On voyage moins, je m’achète moins de vêtements.

Aujourd’hui, ce qui est vraiment vital pour moi c’est la liberté de créer, de travailler d’où je veux, de rencontrer les gens qui m’inspirent, d’avoir plusieurs métiers différents, d’avoir un équilibre de vie. A chaque fois que je me dis que je vais arrêter cette vie pour gagner plus d’argent, j’en fais des cauchemars donc ça me motive pour travailler encore plus mon projet et pouvoir en vivre le plus et plus longtemps possible.
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7. Comment as-tu construit ton réseau pro ?

Grâce à mon podcast CHEF[FE] qui m’a permis de rencontré beaucoup de monde. Je suis aussi allée à beaucoup d’évènements au début en me forçant à discuter avec des gens. J’ai également commencé à publier sur LinkedIn très régulièrement.

 

8. À quel moment as-tu su que tu devais commencer à déléguer ?

Quand mes compétences étaient trop limitées et que le temps de monter en compétences était trop long. Par exemple pour monter des podcasts de manière professionnelle : j’avais des bases mais ce n’était pas du tout suffisant pour délivrer une prestation de qualité.

9. Quel conseil donnerais-tu à une femme qui hésite encore à se lancer ?

Qu’il faut vraiment le sentir dans ses tripes, car le chemin est beau, mais pas simple. Qu’il ne faut pas se comparer aux autres car personne n’en est au même stade que nous dans notre vie. Qu’il faut bien s’entourer, de personnes archi bienveillantes et aidantes, qui vont nous rebooster dès qu’on doute. Qu’il ne faut pas chercher à avoir des résultats époustouflants en un temps très court, réussir ça prend du temps donc il faut l’accepter.

10. Ton plus grand rêve pour ton entreprise, ce serait quoi ?

J’aimerais que mon entreprise soit reconnue comme faisant du bien au monde !

Parlons outils & ressources

Quels sont les trois outils (ou personnes) qui ont transformé ta façon de travailler en tant qu’entrepreneuse et pourquoi ?

 

  • La psychothérapie et en l’occurrence ma psy : car je peux déposer tout ce qui me fait douter auprès de quelqu’un qui m’écoute et qui est en dehors de ma sphère professionnelle donc qui me fait redescendre en pression et revenir à l’essentiel.
  • Le collectif SOWOW : avant d’être un think tank, c’est un réseau de femmes qui m’accompagnent dans mon aventure et qui m’aident à voir toujours plus grand, c’est aussi un collectif qui me pousse à aller explorer des domaines que je n’irai pas explorer seule donc qui me fait grandir, n’hésitez pas à entreprendre en collectif
  • Géraldine Dormoy et Marie Gaymard qui m’ont accompagnées dans la structuration de mes prises de parole sur les réseaux sociaux. Elles ont aussi des newsletters super inspirantes.

Ton ou tes conseils ?

  1. Suis bien tes finances, car c’est le nerf de la guerre
  2. Passe moins de temps sur les réseaux sociaux
  3. Tu es unique, ne te compare pas, fonce avec ce que tu as dans le ventre

Merci à toi, Sophie, pour avoir partagé ton histoire et tes précieux conseils avec nous !

Envie de découvrir plus sur Sophie ? Voici son site internet et ses réseaux sociaux pour rester connectée à son parcours.

Et si, toi aussi, tu devenais une source d’inspiration ?

Raconter ton histoire, c’est aussi offrir des clés, du courage et des idées à celles qui en ont besoin.

Qui sait ? Ton parcours pourrait bien être le déclic, ou le coup de pouce, qu’une autre entrepreneuse attend pour passer à l’action !

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