Chloe egger x lesentrepreneuses.fr

Interview avec
Chloé Egger, 

Tisseuse de solutions quand la vie s’invite

Basée à Paris, Chloé Egger est la fondatrice de Femmes Clés, une solution innovante de remplacement pour les congés maternité des freelances. Après une décennie passée en agence de publicité digitale, elle a opéré un virage vers le freelancing en 2022 avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale à impact. Entre deux projets, cette passionnée de yoga et de musique électronique cultive son énergie auprès de ses deux chats, tout en développant un service qui place la solidarité féminine au cœur de son modèle

Qu’est-ce qui t’a donné le déclic pour te lancer à ton compte ?

Bien avant de lancer Femmes Clés, j’étais conceptrice-rédactrice en CDI dans une agence. Après le covid, je me pose beaucoup de questions sur le sens de mon travail. J’entame un bilan de compétences et je décide de prendre un virage : exercer mon métier en freelance. Grâce à ce virage, je rencontre une consoeur dans mon coworking. Elle me demande si je veux bien m’occuper de ses missions et de ses clients pendant son congé maternité. De cette expérience que je trouve tout simplement géniale, me vient l’idée de développer un service pour permettre au plus grand nombre de femmes freelances de passer le relais durant leur congé maternité.

C’est en osant en parler à haute voix qu’on m’a suggéré de me faire incuber. Moi ? Vraiment ? Étant tout à fait étrangère au monde de l’entrepreneuriat, je ne pensais même pas à cela. Et c’est finalement ce que j’ai fait. J’ai rejoint la promotion des Audacieuses de La Ruche, un programme pour femmes porteuses de projets à impact.
Et c’est là que l’aventure a réellement commencé. En fait ce qui est drôle, c’est que quand je passe du salariat au freelance, je sais au fond de moi que ce n’est pas la fin du voyage, mais seulement le commencement. C’est probablement ça qui m’a aidé à croire en mon idée et à me lancer.

Quel a été ton plus grand challenge au début ?

Ça paraît peut- être un peu cliché, mais le plus gros challenge a été de croire en moi et en ma capacité de réalisation. Mais grâce à l’accompagnement de la Ruche, les différents ateliers, le fait d’avancer chaque jour et de confronter mon idée au terrain, j’ai fini par y arriver. C’est pourquoi vraiment, être accompagnée pour se lancer peut être vraiment clé et faire toute la différence.

Le syndrome de l’imposteur, ça te parle ? Comment tu fais pour le surmonter ?

Alors du coup oui, totalement ! Mais déjà, qu’on se rassure, on peut réussir à le chasser !
Quand j’ai commencé à travailler sur Femmes Clés, c’était très compliqué d’avoir confiance en moi. J’avais beaucoup de travail à faire sur ma posture entrepreneuriale. J’ai eu du mal à me sentir légitime aussi, créer une solution de remplacement de congé maternité alors que je n’ai pas d’enfants, est-ce qu’on va vraiment me prendre au sérieux ?

Pour autant, avec le temps, en avançant sur le projet, ma posture a changé et j’ai de moins en moins le syndrome de l’imposteur. C’est mon projet, mon bébé et il n’y a personne d’autre que moi qui peut le porter :)

Ton secret pour rester motivée même quand les temps sont durs ?

Je n’ai pas tellement de recette miracle pour rester motivée quand les temps sont durs. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai appris à connaître comment je fonctionne et à écouter mes besoins.

Si j’ai besoin d’accuser le coup pendant 1 jour ou 2 et de ne pas travailler sur mon projet, je le fais. Je coupe et je recharge mon énergie en faisant ce que j’aime faire. Parfois rien, ou binge watcher une série que j’aime bien.

J’ai appris à essayer de ne plus culpabiliser, je ne peux pas être à fond tout le temps. Comprendre aussi que si je ne vais pas bien, mon activité non plus n’ira pas bien m’a beaucoup aidé là-dessus.

Raconte-nous une fois où tu as vraiment dû sortir de ta zone de confort.

Assister à mon premier salon professionnel a vraiment été une expérience qui m’a sorti de ma zone de confort. En plus d’être une première fois, je m’y suis rendue seule, sans appui. J’avais super bien préparé en amont mon agenda, conférences, temps de speed networking, etc. Faire ça m’a beaucoup rassuré et aidé à visualiser comment allait se dérouler le salon.

Pour autant, à un moment donné, j’assiste à une conférence où Stéphanie Delestre est invitée à parler de son parcours. Il faut savoir que j’ai croisé sa route il y a très longtemps, quand j’étais stagiaire en fin d’études. Du coup, je me dis, allez, je l’attends à la fin et je lui pitch mon idée. Évidemment, je n’étais pas la seule à avoir cette idée. Pourtant, je me suis accrochée, et j’ai réussi à lui pitcher en 30 secondes top chrono Femmes Clés. Ça n’a évidemment rien donné, mais j’ai été super fière de moi d’oser mettre un pied dans la porte là où on ne m’attendait pas.

Quelle compétence surprenante ou inattendue as-tu développée en chemin ?

Je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça une compétence, mais j’ai envie de dire que oui.

Quand j’ai commencé à entreprendre pour Femmes Clés, j’étais complètement paralysée par l’idée de ne pas sortir quelque chose de parfait. Il me fallait un site impeccable pour me lancer, un logo parfait, une charte graphique, un nom irréprochable… Et au final, dans cet état d’esprit, on ne fait rien. Parce que justement, je n’ai pas besoin d’avoir un site parfait pour mettre des femmes en relation : un simple groupe WhatsApp peut déjà très bien fonctionner.

J’ai vraiment appris à avancer même sans que tout soit parfait, et ça a été une vraie libération, autant pour le projet que dans ma vie personnelle.

J’ai lu quelque part cette phrase :
« Si tu sors ton projet alors qu’il est parfait, c’est que tu l’as sorti trop tard. »

Et je trouve que c’est d’une grande justesse !

Si tu pouvais casser trois idées reçues sur ton métier, lesquelles choisirais-tu ?

La première, c’est que pour bien entreprendre, il faudrait constamment frôler le burn-out. Je suis à 100 % contre cette idée.

Je pense qu’on peut tout à fait entreprendre en gardant des journées de travail normales. Bien sûr, il peut arriver qu’on doive travailler davantage à certains moments, notamment quand une échéance importante approche… mais ça doit rester ponctuel. Je suis intimement convaincue qu’on peut entreprendre autrement, de manière plus saine.

La deuxième idée reçue, c’est qu’il faudrait impérativement s’associer pour réussir. Là encore, je ne suis pas d’accord. Dire ça, c’est se mettre un frein dès le départ. Au contraire, même si vous êtes seule, foncez. Vous rencontrerez peut-être quelqu’un avec qui vous aurez envie de vous associer… ou pas. Et c’est très bien aussi.

Enfin, la troisième, c’est qu’entreprendre rapporte forcément gros. Il y a un vrai sujet autour de l’argent quand on est entrepreneure. On est bombardées de success stories de personnes qui semblent gagner très, très bien leur vie grâce à leur projet. Mais dans la réalité, l’entrepreneuriat, c’est souvent aussi une petite galère financière, surtout au début.

Cela dit, quand l’envie est là et qu’on porte un projet qui a du sens, il faut y aller. Souvent, je me dis que ça me coûte d’entreprendre… mais toujours moins que de ne pas aller au bout de mon projet.

Quel conseil donnerais-tu à une femme qui hésite encore à se lancer ?

Il ne faut pas avoir peur de sa propre petite voix, celle qui dit qu’elle aimerait bien se lancer. Au contraire, écoutez-là, elle a sûrement plein de choses à vous apprendre.

Parlons outils & ressources

D’abord, évidemment, La Ruche et son programme Les Audacieuses. Ça a été une expérience incroyable d’être entourée d’autres femmes entrepreneures, engagées et inspirantes. S’entourer de personnes qui vivent les mêmes choses, pouvoir partager ses difficultés, échanger des conseils, mais aussi célébrer les petites victoires… ça fait toute la différence.

Ensuite, on ne va pas se mentir : ChatGPT est un vrai atout pour gagner du temps, surtout quand on est seule à bord. C’est un outil précieux pour avancer plus vite, structurer ses idées et se débloquer sur plein de sujets du quotidien entrepreneurial.

Enfin, je dirais Héléna Gilton, que j’ai rencontrée grâce à La Ruche. Elle est spécialiste de l’organisation et accompagne les dirigeant·es d’entreprise. Elle m’a énormément aidée à clarifier mes étapes, remettre de l’ordre dans ma to-do et avancer plus sereinement. D’ailleurs, elle vient de lancer une nouvelle offre pour débloquer une situation et y voir plus clair en une seule visio de trois heures : un vrai plus !

Ton ou tes conseils ?

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à une entrepreneuse qui démarre, que tu aurais aimé recevoir quand tu t’es lancée ?

Je lui dirais de prendre le temps de célébrer chaque petite victoire, chaque avancée. Même si ça semble anodin, c’est extrêmement important : ça permet de mettre de la joie dans le chemin et de garder l’élan.

Quand on entreprend, on a vite tendance à rester focalisée sur les grands objectifs à atteindre, en oubliant tout ce qu’on a déjà accompli.

Alors vraiment, prendre le temps de célébrer, même la plus petite des victoires, c’est selon moi indispensable.

Merci à toi, Chloé, pour avoir partagé ton histoire et tes précieux conseils avec nous !

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