Le bilan de mi-année traîne une réputation épouvantable, et honnêtement, il l’a un peu cherchée. La plupart des articles sur le sujet démarrent tous de la même façon : « reprenez les objectifs que vous vous êtes fixés en janvier ».
Alors, peut-être que tu les as fixés, tes objectifs. Ils sont sûrement notés quelque part dans un Notion ultra-propre avec de jolies cases à cocher… mais ils sont partis aux oubliettes depuis mars, car tu as la tête dans le guidon.
On s’en fiche un peu car on peut très bien faire le point maintenant. C’est même le meilleur moment de l’année : tu as six mois d’activité dans les pattes, six mois devant toi et assez de recul pour ajuster le tir sans avoir à tout rebâtir.
Au programme : une heure de ton temps, un carnet et six étapes. C’est parti 👇
Étape 1 : identifier ce qui a marché dans ton activité depuis janvier
Note tout ce que tu as fait depuis janvier. Chaque prestation, chaque offre, chaque canal, chaque type de cliente. En vrac, sans trier, sans juger.
Ensuite, on range tout ça dans une grille à deux entrées.

C’est une grille très classique en gestion de projet, avec un piège habituel : on lit l’effort comme du temps.
Trois heures de travail, trois heures d’effort, dossier suivant. Sauf que quand on travaille seule, le plafond n’a jamais vraiment été le nombre d’heures dans la journée. C’est ce qu’il te reste dans le ventre à 17h.
Donc sur cet axe, tu comptes tout : les heures, la charge mentale, les relances, la cliente qui écrit le dimanche à 21h. Une prestation peut te prendre trois heures et te vider de l’énergie la semaine entière, parce qu’elle est difficile à porter ou parce que tu détestes cordialement la faire. Sur le papier, c’est rentable. Dans ta vie, c’est plus compliqué.
Le filon
Ça paie bien, ça te demande peu. Tu en fais plus. C’est aussi simple que ça, et c’est pourtant la case que tout le monde néglige, parce qu’on garde cette drôle d’idée que ce qui vient facilement vaut forcément moins cher.
La mine d’or lourde
Ça paie bien et ça t’épuise. C’est souvent le vrai sujet du bilan. Beaucoup d’entre nous ont une prestation comme ça et finissent par la trouver normale. Trois sorties possibles : tu montes le prix, tu allèges le process, ou tu délègues une partie du travail. Si la troisième te tente sans que tu saches par où commencer, on a écrit un article entier sur déléguer en tant qu’entrepreneuse.
Le plaisir
Ça paie peu, ça ne te demande rien. Tu gardes si ça te nourrit. Une conférence gratuite, un tarif doux pour une association, un projet qui te tient à cœur. Ça a parfaitement le droit d’exister dans une activité, à condition que ce soit un choix et pas un héritage.
Le piège
Ça paie peu et ça t’épuise. On y revient à l’étape 5, et on va s’en occuper 🫡 !
Étape 2 : analyser ce qui n’a pas fonctionné
Personne n’aime cette étape. Et pourtant, c’est l’une des plus porteuses.
C’est l’étape qui a le plus de valeur du bilan. Un truc qui a marché te dit de continuer. Un truc qui a raté te dit quoi changer, ce qui est nettement plus utile pour la suite.
Alors commence par lister trois choses qui n’ont pas fonctionné depuis janvier.
- Un lancement qui n’a intéressé personne, ou presque.
- Un canal sur lequel tu as investi des heures par semaine pour récolter trois likes et un message privé qui voulait te vendre des abonnés
- Plusieurs devis préparés avec soin, envoyés et depuis plus rien.
- Une ressource gratuite peaufinée pendant deux week-ends et téléchargée deux fois (dont une par toi pour vérifier que tout marchait comme il faut)
- Un webinaire avec quatre inscrites : deux copines, toi et une personne qui a quitté la salle au bout de 10 minutes..
- Trois marchés d’affilée, énormément de « c’est trop joli », et une recette qui couvre à peine l’emplacement et l’essence
- Une newsletter qui n’arrive pas à décoller, peu de nouveaux abonnés, tu as l’impression de parler à un mur
- Une baisse de prix, offre spéciale qui n’a pas rempli l’agenda pour autant
- Un salon à 280 euros la table dont tu es repartie avec deux cartes de visite et un mal de dos et sans prospects.
Si tu en as coché plusieurs, bienvenue au club, on a toutes notre petite collection. 😂
Et pour être honnêtes, nos meilleures offres d’aujourd’hui viennent presque toutes d’un flop d’il y a deux ans. Ce sont justement eux qui nous font avancer.
Donc, on pose le principe : il y a toujours une raison pour que quelque chose ne marche pas.
Il suffit d’accepter de la regarder, sans se voiler la face. Elle est rarement mystérieuse et elle tient presque toujours dans une de ces quatre questions.
On reprend ta liste et on passe chaque flop au peigne fin, dans l’ordre, pour que la prochaine soit la bonne !
1. Est-ce que tu parlais à la bonne personne ?
C’est la cause numéro un, et la plus vexante, parce que ton offre peut être excellente et atterrir devant des personnes qui n’ont simplement pas le problème qu’elle règle.
Les signes ne trompent pas. Beaucoup de likes et zéro achat. Des « j’adore ce que tu fais » qui ne se transforment jamais en devis signé. Des appels découverte sympathiques qui finissent tous par « je vais y réfléchir ». Quand une audience applaudit sans acheter, en général elle n’est pas cliente, elle est spectatrice.
Regarde aussi le budget et l’urgence. Une personne peut avoir le problème, l’avoir bien identifié et ne pas avoir 1 200 euros à mettre dessus ce trimestre. Ce n’est pas un refus de ton offre, c’est un décalage de cible. Si tu veux reprendre ça proprement, on a détaillé la méthode dans valider ton idée de business.
2. Est-ce qu’on a compris ton offre ?
Ta cible était la bonne. Donc le problème existe, et elles l’ont. Elles n’ont pas acheté quand même.
Dans ce cas, la raison se trouve presque toujours dans ce que ton offre disait, ou ne disait pas. Trois causes possibles, de la plus fréquente à la plus discrète.
Ton offre n’était pas claire. On ne comprend pas ce que c’est, ni comment ça se passe, ni pour qui c’est exactement. Le signe : on te pose des questions au lieu de te demander le prix. Et une personne qui n’a pas compris ne le dit jamais. Elle dit « je vais regarder ça tranquillement », ce qui est la façon polie de fermer l’onglet.
La transformation n’était pas claire. Là, elles ont compris ce que tu vends. Elles n’ont juste pas vu ce que ça change pour elles. C’est le piège classique : on décrit le contenu (six modules, trois séances, un audit complet, deux heures de suivi) en pensant montrer la valeur. Le contenu rassure une fois que l’envie est là. Il ne la crée jamais. Ce qui la crée, c’est l’après : ce qu’elle saura faire, ce qu’elle arrêtera de subir, ce qu’elle aura enfin réglé.
Il n’y avait pas d’urgence. Elles ont compris, ça les intéresse vraiment, et elles achèteront un jour. C’est exactement ce que veut dire « je vais y réfléchir ». L’urgence n’a rien à voir avec un compte à rebours sur une page de vente. C’est simplement ce que ça leur coûte d’attendre encore six mois. Si attendre ne coûte rien, on attend, et on a raison.
Une chose à garder en tête pour la suite : le besoin, ça se crée. Beaucoup de tes clientes ne savent pas qu’elles ont ce problème tant que personne ne l’a nommé à leur place. Nomme le problème d’abord, montre la transformation ensuite, et l’offre arrive à la fin. Dans cet ordre.
Ta phrase de conclusion ressemblera à ça : « offre pas assez claire », « j’ai vendu le contenu au lieu du résultat », « aucune raison d’acheter maintenant plutôt qu’en janvier ».
3. Est-ce que tu lui as donné les moyens d’être vue ?
Ta cible était la bonne, ton offre était claire. Et ça n’a pas pris. Troisième cause, la plus rageante parce que la plus bête : très peu de monde a su qu’elle existait.
Trois posts et une newsletter, ce n’est pas un lancement. C’est une annonce.
On confond très souvent « j’en ai parlé » et « on m’a vue ». Entre les deux, il y a l’algorithme, les vacances de tes abonnées, le mail ouvert un mardi à 8h et jamais rouvert, et la répétition.
La répétition, surtout.
Une info doit être vue plusieurs fois avant d’exister et au moment précis où tu commences à te trouver lourde à force de le répéter, la moitié de ton audience le découvre.
Alors pose les chiffres bruts, sans arrondir en ta faveur. Combien de fois tu en as parlé. Sur combien de semaines. À combien de personnes, vraiment. Si le total tient sur une main, ton offre n’a pas raté, elle n’a pas eu lieu. C’est une excellente nouvelle en réalité : le produit est peut-être très bien, il lui manquait juste une campagne.
La correction pour la prochaine fois tient en deux choses. Compte en semaines plutôt qu’en posts, trois ou quatre plutôt qu’une. Et change d’angle à chaque fois au lieu de répéter le même message, parce que celle qui a scrollé ton post du lundi s’arrêtera peut-être sur le témoignage du jeudi.
Ta phrase de conclusion ressemblera à ça : « j’en ai parlé quatre fois en dix jours et j’ai arrêté » ou « campagne trop courte, l’offre n’a pas eu le temps d’exister ».
4. Est-ce que tu y croyais vraiment ?
Celle-là est inconfortable, alors on la garde pour la fin.
Ta cible était la bonne, ton offre était claire, tu en as parlé assez.
Le doute ne reste jamais discret. Il se voit dans le prix qu’on annonce en baissant la voix.
Dans la page de vente qui explique au lieu de convaincre.
Dans la relance qu’on n’envoie pas parce qu’on ne veut pas déranger.
Dans le lancement qu’on arrête au bout de dix jours parce qu’on préfère ne pas savoir.
Rien de mystique là-dedans. Tu as moins vendu parce que tu en as moins parlé et tu en as moins parlé parce qu’une petite voix te disait que ce n’était pas tout à fait ça.
Cette voix a un nom, et on la connaît toutes : le syndrome de l’imposteur.
Elle ne dit jamais « ton offre est mauvaise », elle est bien plus habile que ça.
Elle dit « qui es-tu pour demander ça », « il y a mieux que toi sur le marché », « attends d’avoir une certification de plus ».
Et pendant qu’on l’écoute poliment, on brade, on n’ose pas relancer, on laisse le lancement s’éteindre tout seul.
L’offre était très bien. C’est de ta valeur que tu n’étais pas convaincue, et ça, ça se sent à l’autre bout de l’écran. On a écrit tout un article pour lui régler son compte : vaincre le syndrome de l’imposteur.
Si la réponse est non, la question suivante devient intéressante : qu’est-ce qui te retenait ? Le prix te semblait injustifié ? La promesse te paraissait trop grosse pour toi ? Le format ne te ressemblait pas ? Cette réponse-là vaut de l’or, parce qu’elle te dit quoi corriger avant le prochain essai.
Une offre à laquelle tu crois se vend mieux, et se vend surtout plus longtemps.
Ta phrase de conclusion ressemblera à ça : « je n’assumais pas le prix » ou « je n’étais pas convaincue moi-même, donc je n’ai pas insisté ».
Le meilleur outil de diagnostic, tu l’as déjà sous la main
Reprends ton filon de l’étape 1, celui qui paie bien sans t’épuiser. Mets-le côte à côte avec ton flop et compare les quatre mêmes lignes : à qui tu t’adressais, quel problème tu réglais, combien de fois tu en as parlé, et ce que tu ressentais en le vendant.
La différence saute aux yeux en général en moins de deux minutes. On cherche des explications sophistiquées à nos échecs alors que la comparaison avec ce qui marche répond toute seule.
Fais le même exercice avec ta dernière petite victoire, même minuscule. La cliente qui a dit oui en trois messages. Le service qui se vend sans que tu aies rien à expliquer. Ce sont tes cas d’école, et ils sont à toi, ce qui les rend plus fiables que n’importe quelle méthode achetée en ligne.
Écris la raison, une phrase par flop
Trois flops, trois phrases. « Mauvaise cible, ces personnes n’ont pas le budget. » « Offre de confort lancée en juin, personne n’avait la tête à ça. » « J’en ai parlé quatre fois en deux semaines et j’ai arrêté. »
Si après les quatre questions tu ne trouves toujours pas, c’est presque toujours un mélange des deux premières : la bonne offre devant la mauvaise personne, ou une offre qui règle un problème que personne ne cherchait à régler. Commence par là au prochain essai.
Une chose qu’on ne fait pas à cette étape, en revanche, est de tirer des conclusions sur toi. Un lancement raté te renseigne sur ce lancement, sur sa cible, sur son timing, sur sa promesse. Il ne dit rien de ta valeur et il ne dit rien de la suite. Si cette étape te met par terre à chaque fois, surmonter la peur de l’échec te servira plus que la suite de cette liste.
Étape 3 : savoir d’où viennent vraiment tes clientes
Reprends tes clientes du semestre. Pour chacune, note son origine : bouche à oreille, Instagram, LinkedIn, un article de blog, une recommandation, une ancienne cliente, un annuaire, un événement.
Maintenant, mets ça en face du temps que tu passes sur chaque canal.
C’est en général le moment où ça pique un peu. On peut passer six heures par semaine sur Instagram sans en tirer une seule cliente, pendant que le bouche-à-oreille ramène 80% du chiffre sans qu’on lui consacre une minute.
Ce n’est pas un plaidoyer pour supprimer Instagram. C’est une invitation à savoir ce que tu y fais. Si tu y construis une visibilité long terme, très bien, assume et continue. Si tu y es en pensant que ça vend, les chiffres méritent un coup d’œil.
Le bouche-à-oreille a aussi besoin de bouches. Les événements de networking, les cercles d’entrepreneuses, les réseaux féminins de ta ville : ce sont des femmes qui, une fois qu’elles ont compris ce que tu fais, parlent de toi pendant que tu travailles. Une soirée par mois vaut souvent mieux qu’une stratégie éditoriale complète, et le calcul est vite fait quand on compare le temps passé.
Si l’idée même te fait fuir, on avait écrit un article pour toi : networking efficace pour les introverties.
Si en relisant tes six mois tu t’aperçois que le bouche-à-oreille n’a encore rien ramené du tout, c’est qu’il n’a pas eu de quoi démarrer. On a rassemblé les pistes pour l’amorcer dans comment trouver tes premières clientes.
Étape 4 : faire le point sur tes chiffres (CA, charges, salaire réel)
C’est l’étape où on a une envie soudaine d’aller étendre une lessive. Regarder ses chiffres quand on n’est pas certaine de ce qu’on va trouver, cela demande un courage qu’on n’a pas tous les jours, alors on repousse, on se dit qu’on verra ça à la déclaration. On ne les analyse jamais vraiment.
Pourtant tes chiffres ne sont pas un bulletin scolaire. Ils ne notent rien du tout. Ce sont des informations et elles sont de ton côté : les chiffres sont les seuls qui te diront sur quoi t’appuyer et quoi corriger.
Une chose à poser avant de commencer, parce que c’est tout l’enjeu de cette étape : ton chiffre d’affaires ne dit rien de la santé de ton activité.
Deux entrepreneuses qui encaissent 3 000 euros par mois peuvent en garder 2 400 pour l’une et 700 pour l’autre, selon ce qu’il a fallu dépenser pour les produire.
Le chiffre qu’on brandit dans les stories, c’est le CA. Celui qui remplit ton frigo, c’est ta rentabilité. Les quatre lignes qui suivent servent à passer du premier au second et par ici, si tu veux calculer ta rentabilité en détail.
Ton CA depuis janvier. Le vrai. Encaissé, pas facturé. La différence entre les deux a déjà brisé quelques cœurs.
Ce que tu paies. Charges, cotisations, assurance, logiciels, matières premières, déplacements, et surtout tes abonnements. Ouvre tes relevés et compte tes prélèvements récurrents. Il y en a toujours un ou deux qui vivent leur meilleure vie à tes frais depuis un an et demi…
👉 Pour faire le tri proprement, on a passé les outils de gestion d’entreprise au crible.
Ce qu’il te reste. CA moins charges moins abonnements, divisé par six. C’est ton salaire mensuel réel, et c’est le chiffre le plus honnête de ton activité. Notre calculateur de salaire auto-entrepreneur le calcule à ta place si tu préfères éviter les erreurs de tête.
Ce que chaque offre te laisse, elle. La même opération, mais offre par offre. Combien elle rapporte, ce qu’elle coûte à produire, et le temps qu’elle prend. C’est la ligne la plus instructive des quatre, parce que c’est là qu’on découvre que la prestation qui remplit l’agenda n’est pas celle qui remplit le compte, et que celle qu’on fait en deux heures le vendredi paie mieux à l’heure que le gros dossier du trimestre.
Si le chiffre de ton salaire réel te surprend, tu viens de trouver ton sujet pour les six mois qui viennent. Et si les charges ont l’habitude de tomber sans prévenir, tout ce qui arrive et à quel moment est détaillé dans charges auto-entrepreneur première année.
Étape 5 : choisir ce que tu arrêtes ce semestre
Un bilan, en général, ça demande ce que tu vas ajouter. Rarement ce que tu vas enlever. Résultat, la liste s’allonge à chaque semestre, et on finit par se demander avec une sincérité touchante pourquoi on est crevées.
Et si on s’allégeait un peu ? Et si, au lieu d’en faire plus, on faisait un peu mieux avec ce qu’on a déjà ?
Retourne à ta grille de l’étape 1, case « le piège ». Tout ce qui s’y trouve te demande beaucoup d’effort pour peu de gains. Choisis-en une, ou même toutes. 🧹
Cette offre que tu traînes comme un boulet : celle qui te demande des heures de préparation ou de personnalisation pour un tarif qui te donne envie de pleurer.
Le canal de communication « obligatoire » : ce réseau social où tu te forces à publier parce qu’on t’a dit qu’il « fallait y être », alors que ton cœur n’y est pas…
L’outil magique à configurer : cette usine à gaz que tu essaies de dompter depuis des semaines pour automatiser un truc qui te prendrait 2 minutes à faire à la main.
👉 Rappelle-toi : dire non à ce qui te vide, c’est dire oui à ton énergie et à ton efficacité !
Et tout ce qui ne peut pas être arrêté peut souvent être allégé. Une tâche qui revient chaque semaine s’automatise, se simplifie, se regroupe ou se confie à quelqu’un d’autre.
On a rassemblé tout ce qui allège le quotidien d’une entrepreneuse par ici, et si c’est le mot déléguer qui te bloque plus que la chose elle-même, on t’explique tout dans déléguer en tant qu’entrepreneuse.
Prévenir ou ne pas prévenir tes clientes ? Si tu annonces que ton offre vit ses derniers instants, prépare-toi au contrecoup : certaines clientes vont se ruer dessus par peur de la rater. Résultat ? Tu risques de boucler ton trimestre épuisée, submergée par une ultime vague de commandes sur une prestation dont tu voulais justement te débarrasser.
Étape 6 : fixer une priorité pour les 3 prochains mois.
Six mois, c’est une durée super confortable. Tellement confortable qu’on se fixe une intention trop loin, qu’on se dit qu’on a largement le temps et qu’on la retrouve toujours sur sa liste ToDo en novembre avec une pointe de culpabilité en prime.
Un trimestre, soit 3 mois, c’est mieux et laisse beaucoup moins de place à ce petit jeu d’évitement : c’est assez court pour que tu t’y mettes cette semaine et assez long pour que quelque chose bouge vraiment. Et tu referas le point dans 3 mois, avec un semestre entier de recul en plus.
Sur ce trimestre, une seule priorité.
Tu n’as probablement rien à chercher très loin. Tu viens de passer une heure à regarder ce qui a marché, ce qui a planté, d’où viennent tes clientes et ce que tu gagnes réellement. La priorité est sortie toute seule quelque part entre l’étape 1 et l’étape 5. Il te reste à l’écrire.
Et si elle demande une compétence que tu n’as pas encore, regarde d’abord ce que tu as déjà sous la main. Les formations achetées un soir d’enthousiasme, les guides téléchargés, les livres empilés sur le coin du bureau. Il y a de fortes chances que la réponse dorme déjà sur ton disque dur. Si vraiment il manque des compétences nécessaires pour avancer, notre sélection de formations est là pour ça.
Deux encarts, pour celles que ça concerne
Si tu approches du plafond
Prends ton CA du semestre et multiplie-le par deux. C’est ta projection annuelle à rythme constant.
Compare avec les seuils 2026 : 83 600 euros en prestation de services, 203 100 euros en vente ou hébergement. Si tu fais les deux, le global reste à 203 100 avec un maximum de 83 600 sur la partie services.
Vérifier les seuils sur le site d’Urssaf.
Si ta projection s’en approche, il vaut mieux le voir maintenant qu’en novembre. Un dépassement fait bouger ton régime, ta TVA et ta rentabilité et ces trois-là se préparent.
Le point info pour la conformité à la facturation électronique
À partir du 1ᵉʳ septembre 2026, toutes les entreprises françaises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. L’émission arrive tard en septembre 2027 pour les micro-entrepreneuses.
Pour la réception, tu as une seule chose à faire : désigner ta plateforme agréée. C’est gratuit chez plusieurs acteurs, ça prend moins de deux minutes, et ensuite tu n’y penses plus.
Le bon logiciel dépend surtout de ton statut, et on a de quoi t’aider à choisir.
- Guide de la facturation électronique 2026 : le calendrier complet de tes obligations
- Abby, Indy ou Tiime : les trois face à face, si tu hésites pour ta micro-entreprise
- Pennylane, Indy ou Tiime : le comparatif pour celles qui travaillent avec un expert-comptable ou qui sont passées en société
En résumé : comment faire le bilan de mi-année
Il y a de fortes chances que ce bilan ait remué autre chose que des chiffres. Quelque chose de plus profond.
C’est normal. Regarder ses six derniers mois en face, ça réveille tout ce qu’on garde habituellement sous le tapis : le lancement qui n’a pas pris, le salaire réel plus petit qu’espéré, la petite voix qui murmure que décidément on n’est peut-être pas faite pour ça.
Alors on redit la chose sur laquelle tout le reste repose : ton entreprise, ce n’est pas toi.
Ce n’est pas non plus ton bébé, même si on te sert cette image depuis le premier jour.
C’est quelque chose que tu as construit pour te servir, pour te faire vivre, pour payer ton loyer, tes courses et tes dimanches. Elle travaille pour toi. Le jour où ça marche à l’envers, ce n’est plus une entreprise, c’est un deuxième patron et il est nettement plus exigeant que le premier.
De là découlent les trois choses à emporter, et aucune n’est dans la colonne des chiffres.
Un flop n’est pas un verdict sur toi.
Il te renseigne sur une cible, une offre, un timing, une campagne. Rien de plus. Les entrepreneuses qui avancent ne sont pas celles qui ne se plantent jamais, ce sont celles qui savent pourquoi elles se sont plantées. Tu viens de le faire pour trois d’entre eux. C’est déjà plus que la moyenne.
Un chiffre décevant est une information, pas une note. Ton salaire réel te dit où tu en es aujourd’hui, il ne dit rien de ce que tu vaux ni de ce que ça donnera dans un an. Et il t’a probablement donné ta priorité du trimestre, ce qu’aucune intention vague de janvier n’aurait fait.
La fatigue n’est pas un prix à payer. C’est tout le sens de la grille : une activité rentable qui te vide finit toujours par s’arrêter, parce que tu t’arrêtes avant elle. Le « piège » que tu as décidé d’abandonner vaut plus que trois nouvelles idées ajoutées à ta liste.
Le reste tient sur une page de carnet. Ce qui a marché, ce qui a planté et pourquoi, d’où viennent tes clientes, ce que tu gagnes vraiment, ce que tu arrêtes, ta priorité du trimestre.
Ce bilan fonctionne en juillet. Il fonctionne aussi en octobre, en décembre, ou n’importe quel dimanche où tu as besoin de savoir où tu en es. Garde-le sous la main, et refais-le dans trois mois : c’est la répétition qui le rend utile.
À lire ensuite
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Quand faire son bilan de mi-année ?
Fin juin ou début juillet, quand le semestre est clos et que les chiffres sont stables. Cela dit, la date importe moins que le fait de le faire : un bilan en août ou en septembre vaut infiniment mieux qu’un bilan parfait qui n’arrive jamais.
Comment faire le point sur son activité quand on n’a pas fixé d’objectifs en janvier ?
En regardant ce qui s’est passé plutôt que ce qui était prévu. Les six étapes de cet article ne demandent aucun objectif de départ : elles partent de ce que tu as fait, de ce que tu as gagné et de ce qui t’a coûté de l’énergie. Tes objectifs, tu les poseras à l’étape 6, pour le trimestre qui vient.
Combien de temps prend un bilan de mi-année ?
Une heure devrait suffire.
Sinon une matinée ou un après-midi. La seule limite, c’est de ne pas l’étaler au-delà. Un bilan qu’on traîne sur trois semaines devient une montagne : on le repousse, il grossit dans la tête à mesure qu’on le repousse, et on finit par ne jamais le terminer. Une heure ou une demi-journée, peu importe, du moment que ça se fait d’un seul élan.
Faut-il une comptabilité à jour pour faire son bilan ?
Pourquoi mon lancement n’a pas marché ?
Il y a toujours une raison, et elle tient presque toujours dans quatre questions : est-ce que tu parlais à la bonne personne, est-ce que ton offre a été comprise comme la solution, est-ce que tu lui as donné les moyens d’être vue, et est-ce que tu y croyais vraiment. L’étape 2 de cet article les déroule une par une.
Un bilan d’activité et un bilan comptable, c’est la même chose ?
Non, et c’est ce qui fait fuir beaucoup d’entrepreneuses. Le bilan comptable est un document officiel, avec des règles, une date et parfois un expert-comptable au bout. Le bilan d’activité dont on parle ici ne se rend à personne : il sert à toi seule, à décider quoi faire des six mois qui viennent. Personne ne le lira, personne ne le notera, et tu peux le faire au crayon sur un coin de table.
Que faire si mes chiffres sont mauvais ?
Rien de dramatique dans l’immédiat. Un chiffre décevant que tu découvres grâce à ton bilan de mi-année, est une information : il te désigne ta priorité pour le trimestre, ce qui est exactement ce qu’on cherche dans un bilan. Choisis une seule chose à corriger et refais le point dans trois mois.



























