Genevieve landsman

Interview avec
Geneviève Landsman, 

Semeuse de moments poétiques

Geneviève a grandi à Paris, puis a posé ses valises à Francfort pour quelques années. C’est là, loin de sa ville natale et de sa première vie professionnelle dans la comptabilité, qu’elle découvre un véritable coup de cœur : la peinture sur céramique. Une pratique méditative, joyeuse, accessible… mais quasi inexistante à Paris à son retour en 2017.

Alors, elle imagine un lieu hybride, à mi-chemin entre un café et un atelier créatif : un café céramique. Une idée qui, à l’époque, casse les codes. Car il y a quelques années, c’était encore impensable de :

  • Faire une activité manuelle après 19h (en dehors de chez soi)
  • S’inscrire à un atelier céramique en « one shot », sans avoir besoin de s’inscrire sur du long terme
  • Participer à un atelier artistique juste pour le fun, loin du format académique
  • Partager un moment créatif avec des amis aux compétences artistiques variées (autrement dit ne pas avoir besoin de groupe de niveaux)
  • Mixer atelier créatif et petit verre de vin 🫢

C’est ainsi qu’en 2018, le premier Céramicafé Geneviève ouvre dans le 11e arrondissement. Un lieu pensé avec le cœur, qui rencontre un succès immédiat. D’autres adresses suivront, tout comme de nouvelles propositions : modelage, tournage, mosaïque, brunchs et apéros créatifs.

Mais après plusieurs années à faire grandir ce projet, Geneviève ressent le besoin de se remettre en mouvement. Créer de nouveau. Retrouver cette énergie du tout début.

En 2024, un voyage en Corée du Sud rallume une étincelle : elle y découvre le concept de café à lettres, et l’émotion profonde que peut susciter une carte écrite à la main, à envoyer dans le futur. De là naît Café Pli, un lieu aussi poétique que simple : on y vient pour écrire, à soi ou à un·e proche, et confier sa lettre à l’équipe jusqu’au jour de son envoi.

Dans cette interview, Geneviève partage son parcours, ses doutes, ses coups de cœur, et cette douce conviction : que les lieux ont un pouvoir. Celui de nous faire ralentir, créer, et nous reconnecter à ce (et ceux) qui comptent vraiment.

Comment as-tu décroché tes premiers clients ? Quel a été ton plus grand challenge au début ?

A l’époque, personne ne savait vraiment ce qu’était la peinture sur céramique. L’activité sonnait complètement vieillotte. Les gens connaissaient la céramique ; le travail de la terre, mais pas la partie décor sur céramique. Pour expliquer, je devais venir avec une céramique crue et une céramique cuite, et expliquer le process. J‘ai eu l’impression de partir en croisade, à expliquer pourquoi ma nouvelle approche était intéressante.

J‘ai dû, comme certains disent, évangéliser le marché“. Ouvrir le premier Ceramicafé, c’était avant tout créer un nouvel usage, et faire bouger des habitudes de consommation. J’ai dû passer beaucoup sur les réseaux sociaux, car l’activité est très visuelle. Cela a pris du temps ! Aujourd’hui, l’activité s’est pas mal démocratisée.

Qu’est-ce qui t’a donné le déclic pour te lancer à ton compte ?

Je n’ai jamais eu l’envie de devenir cheffe d’entreprise. Personne n’est entrepreneur dans ma famille, je pense que je ne m’étais même jamais posée la question.

J’ai suivi mes études comme une bonne élève, après que la conseillère d’orientation du lycée m’a demandé ma matière préférée : les maths, les maths, les maths. J’ai donc suivi des études d’expertise-comptable.

J’ai commencé ensuite a travaillé dans différents cabinets. Mais j’avais besoin d’aller souvent plus vite que la musique. Curieuse, j’avais besoin de faire toujours des nouvelles choses, de me challenger. J’avais l’impression de faire vite le tour, et le rythme en cabinet ou en entreprise me semblait trop long (il faut attendre 1 an pour passer un grade, etc.)

Mon départ pour travailler en Allemagne a été un challenge pour moi. Je rêvais de vivre en Allemagne et j’ai adoré cette expérience. J’ai finalement décidé de rentrer pour me rapprocher de ma famille et de mes proches.

C’est en rentrant à Paris que je me suis aperçue qu’il n’existait pas d’atelier de peinture sur céramique ici. J’était tellement persuadée que cette activité pouvait plaire à plein de monde, que je me suis mise en tête d’ouvrir un café céramique.

 

Comment fais-tu pour garder un équilibre entre ta vie pro et ta vie perso ?

Pendant les 4-5 premières années, je n’avais vraiment pas d’équilibre. J’ai consacré les 3 premières années au Céramicafé, 7/7 et je dormais même parfois sur place. Ça été intense. Mais c’est un métier/passion.

J’ai pu structurer l’entreprise au bout de 4-5 ans, ce qui m’a permis d’avoir des relais et pouvoir prendre quelques soirées, puis quelques journées, puis quelques week-ends.

J’avais trouvé un équilibre, même si c’est très difficile pour moi de passer une journée sans travailler. Tout simplement parce que j’aime mon travail.

En créant Café Pli il y a un an, je me suis remise dans un rythme intense. J’ai donc de nouveau travaillé 7/7 avec des horaires à rallonge. C’était nécessaire pour le démarrage et les ajustements, pour connaître les clients, voir les améliorations possibles etc. Petit à petit, je structure l’équipe ce qui me permet de gagner de nouveau en équilibre vie pro/vie perso.

 

Comment gères-tu le stress qui vient avec l’entrepreneuriat ?

Je ne le gère pas !
J’apprends juste à vivre avec. Les nuits sont rarement entières, j’ai une peau aussi très réactive : mon eczéma me donne des signes régulièrement.

Quand j’ai une période très stressante, je sais qu’une autre période moins difficile suivra. Ce sont les montagnes russes et j’apprends à relativiser.

Y a-t-il eu un moment où tu as failli tout arrêter ? Qu’est-ce qui t’a permis de continuer ?

« Et si j’arrêtais tout ? » Cette question a souvent traversé mon esprit !

  • Quand je comptais le nombre de clients sur les doigts d’une main, et que le temps me paraissait long. Et oui, pendant longtemps, je me suis demandée si mon projet était viable.
  • Quand je travaillais 100h/semaine, parfois en dormant au café, sans perspective d’amélioration
  • Quand la fatigue était intense, que le corps ne suivait plus, et que les responsabilités écrasaient la passion qui m’avait lancée dans cette aventure
  • Quand le confinement a été annoncé et que le futur n’était plus entre mes mains
  • Quand je me suis retrouvée seule pour un brunch de 35 personnes et que j’ai demandé à des clientes sur place de m’aider (honte infinie, mais reconnaissance éternelle)
  • Quand j’ai ouvert un 2e Ceramicafé alors que je n’avais pas encore structuré l’équipe (pourquoi faire compliqué hein )

Pourtant, je suis toujours là. Non pas parce que le chemin a été facile, mais parce que chaque petite victoire a pesé plus lourd que les doutes. L’entrepreneuriat est fait de hauts vertigineux et de bas qui nous testent. La réussite se mesure à la croissance, mais aussi et surtout à la résilience.

Comment as-tu fait pour fixer tes tarifs ? C’était facile ?

Non, cela n’a pas été simple, car je n’avais pas de référence. Créer un tarif d’un service qui n’existe pas a été compliqué pour moi.
Et surtout, j’ai changé mon « pricing » en cours de route. J’ai testé, adapté, ajusté.

Au début, je fonctionnais en tarif par céramique, puis j’ai créé des forfaits tout inclut.

Idem sur le café pli : compliqué de fixer un prix sur un service qui n’existe nul par en Europe. Mais il faut se lancer, écouter ses clients, et parfois ajuster.

 

Comment imagines-tu l’évolution de ton secteur dans les années à venir ?

Le secteur des lieux créatifs a explosé, et va surement aller encore à ce sens.
Également, le secteur des Coffeeshop explose aussi.

Il va falloir innover encore et encore pour sortir du lot !

Quel conseil donnerais-tu à une femme qui hésite encore à se lancer ?

Oser se lancer. Pour éviter les regrets.
Ne pas attendre que tout soit parfait : les ajustements se font sur le terrain !

Parlons outils & ressources

Entre céramique et écriture, Geneviève invente des cafés créatifs où chaque expérience devient un souvenir à partager.

Ton ou tes conseils ?

  1. Bien s’entourer. Se faire accompagner.
  2. Se former en continu.
  3. Parler de ses points positifs, mais aussi et surtout de ses difficultés.
  4. Rencontrer d’autres porteurs/porteuses de projet

Merci à toi, Geneviève, pour avoir partagé ton histoire et tes précieux conseils avec nous !

Envie de découvrir plus sur Geneviève ? Voici son site internet et ses réseaux sociaux pour rester connectée à son parcours.

Et si, toi aussi, tu devenais une source d’inspiration ?

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Partager ton histoire ou ton savoir-faire, c’est offrir des idées, du courage et des repères à celles qui en ont besoin.

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