Paroles d'experte

Peur de parler en public : ce qui te bloque et comment reprendre ta place

Avec Constance Vergnot, coach en prise de parole en public

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Il y a des entrepreneuses qui cartonnent sur tous les fronts… sauf un. Le business tourne, les clientes sont ravies, l’expertise est là. Mais au moment de dire un tarif à voix haute, de pitcher devant un client ou de se présenter dans un event networking, tout se bloque.

Constance Vergnot le sait mieux que personne. Ancienne grande timide, elle est aujourd’hui coach en prise de parole en public depuis 2019. Elle accompagne les femmes entrepreneures, dirigeantes et salariées à prendre leur place à l’oral avec plus d’impact, de clarté et de confiance.

Dans cette Parole d’Experte, elle démonte les idées reçues, nomme ce qui se passe vraiment dans le corps et dans le cerveau et donne des clés concrètes pour reprendre la main.

« Je suis timide » : la timidité en entrepreneuriat n’est souvent pas la vraie raison

Beaucoup de femmes se rangent dans la case « nulle à l’oral » ou « pas faite pour parler ». Constance, elle, y voit une confusion. Fréquente, et coûteuse.

Parce qu’on colle une étiquette de personnalité sur ce qui n’en est pas une. Une réaction émotionnelle, un conditionnement, une habitude, voilà ce qui se cache souvent derrière.

La preuve ? Une introvertie peut être brillante à l’oral. Et un grand extraverti peut se liquéfier dès qu’il se sent jugé.

Derrière le « je suis timide », il y a presque toujours autre chose. La peur du jugement. La peur de déranger. La peur d’être illégitime, ou ridicule.

Parfois juste une vieille habitude de se faire discrète, apprise bien avant de lancer son business !

Bref : rien de figé. Rien de définitif.

Syndrome de l’imposteur et peur de parler en public : deux choses distinctes, mais souvent liées

Pas la même chose. Mais rarement loin l’une de l’autre.

Le syndrome de l’imposteur, lui, attaque la légitimité : « je ne suis pas assez compétente », « on va finir par découvrir que je ne mérite pas ma place ».

La peur de parler, elle, vise l’exposition : le regard des autres, le risque d’être jugée, de perdre pied.

Du coup, on peut très bien être ultra-compétente et paralysée à l’idée de prendre la parole. Ou très à l’aise à l’oral, tout en doutant de soi en silence.

Mais chez beaucoup d’entrepreneuses, les deux s’alimentent. Moins on se sent légitime, plus parler coûte cher. Et moins on parle, plus on doute. Un cercle vicieux que Constance connaît de l’intérieur, elle qui ne pouvait pas faire un tour de table sans stresser avant de se lancer.

👉 Si le syndrome de l’imposteur fait partie de ton tableau, on en parle aussi dans cet article dédié.

Le corps qui lâche : pourquoi ta voix tremble (et comment la reprendre en main)

Le cœur qui s’emballe. Les joues rouges. La voix qui grimpe. Les jambes en coton. Alors que tu connais ton sujet par cœur.

Pour Constance, ce n’est pas une faiblesse. C’est ton système nerveux qui fait son job.

Le cerveau émotionnel ne distingue pas toujours le danger physique du danger social.

Être observée, évaluée, rejetée : pour lui, ça peut sonner comme une vraie menace.

Logique, quand on y pense, pendant des millénaires, être exclue du groupe, c’était mettre sa survie en jeu. Alors ton corps fait ce qu’il sait faire. Cœur qui accélère, souffle court, muscles tendus, trou noir. Même devant une visio Zoom où, objectivement, personne ne va te manger.

Et le nombre de personnes en face ? Pas le vrai sujet. Cinq proches peuvent être plus intimidants que deux cents inconnus, parce que leur regard pèse plus lourd. La prise de parole touche à l’identité. Quand tu parles, tu ne montres pas que des compétences. Tu te montres, toi.

💡 Alors, comment on reprend la main ?
On agit sur le corps, pas sur les pensées. La respiration d’abord : un souffle lent et posé envoie au cerveau le signal que le danger n’existe pas.

La posture ensuite : ancrée, stable, les deux pieds au sol. Et un petit rituel d’avant-prise de parole, toujours le même, pour donner à ton système nerveux un repère rassurant.

Le mental se calme quand le corps se calme. Pas l’inverse.

Les situations concrètes qui font le plus peur (et ce qu’elles révèlent vraiment)

Oser dire son prix : pourquoi annoncer ses tarifs à voix haute est si difficile

Envoyer ses prix par mail plutôt que de les dire de vive voix : Constance voit ce réflexe régulièrement. Et elle comprend d’où il vient.

À cet instant précis, beaucoup de personnes ne parlent plus d’argent. Elles parlent inconsciemment de leur valeur personnelle. Si annoncer son prix active une peur du rejet (« c’est trop cher », « elle ne vaut pas ça »), le système nerveux peut partir en stress. On entend souvent la voix devenir plus aiguë, plus rapide, hésitante.

Et là… on ne négocie plus un tarif. On négocie sa propre valeur.

Dire son prix à voix haute, c’est affirmer sa valeur. Et ça peut réveiller des conditionnements profonds, liés à tout ce qu’on a encore trop appris aux femmes : être agréable, discrète, conciliante. Ne pas prendre trop de place.

Certaines entrepreneuses ont construit un business entier tout en restant dans une posture d’excuse permanente. C’est pour ça qu’il faut travailler autant la posture intérieure que la technique de vente.

Se présenter en 1 minute sans bafouiller ni tout embrouiller

Se présenter en une minute est souvent le moment le plus redouté. Pourtant, on connaît son business mieux que personne.

La raison ?

On veut tout dire.

Et souvent aussi, on essaie de paraître compétente au lieu de créer une connexion claire.

Une bonne présentation n’est pas un CV oral. C’est un message simple, vivant et incarné. Plus on cherche à impressionner, plus on se déconnecte.

💡 Concrètement, une présentation qui marque, ça se structure : une ouverture qui accroche, un message clair au milieu, une fermeture nette. Pas besoin de tout dire, juste de donner le bon rythme et d’arrêter de s’excuser d’exister.

Le trac avant une prise de parole : pourquoi on annule au dernier moment

Tu as préparé, répété, tu te sens prête. Et au dernier moment, tu trouves une raison de ne pas y aller.

Le cerveau essaie de te protéger. Même si une partie de toi a envie d’y aller, une autre anticipe le danger émotionnel potentiel : honte, jugement, échec, perte de contrôle. Donc au dernier moment, le cerveau cherche une porte de sortie pour faire redescendre l’anxiété.

Le problème, c’est que plus on évite, plus le cerveau apprend que la situation était effectivement dangereuse. Et la peur grandit à chaque évitement (et parfois les regrets aussi !).

Gérer une question imprévue en live ou en podcast

On parle souvent en s’accrochant à un scénario mental bien ficelé. Tout est carré dans la tête. Et puis une question sort du cadre, le scénario s’effondre et c’est le blanc.

Le réflexe de Constance va à contre-courant de ce qu’on croit : il faut ralentir. Respirer. S’autoriser une pause, quelques secondes de silence, oui, vraiment.

Parce que le silence, à l’oral, c’est une force. La plupart des gens le fuient comme un vide gênant, alors qu’il offre justement au cerveau le temps de retrouver le fil.

Improviser, ce n’est pas parler vite. C’est rester présente.

Vaincre sa peur de parler en public : par où commencer concrètement

Le corps avant le mental

On essaie souvent de raisonner sa peur avec la tête. Se convaincre que « tout va bien se passer », se faire la liste mentale de ses arguments… pendant que le système nerveux, lui, tourne déjà à plein régime.

Et c’est là qu’on se trompe de combat.

Pour Constance on commence par le corps. Travailler la respiration, l’ancrage, le rythme de parole. Apprendre à ralentir. Accepter les silences. Simplifier son message.

Et surtout : pratiquer régulièrement dans des contextes progressifs, plutôt qu’attendre de « ne plus avoir peur ». Ce moment n’arrive pas tout seul.

Se débarrasser des tics de langage

« Euh », « en fait », « c’est-à-dire »… On les sème sans même les entendre.

Et en vrai, ils servent à quelque chose : gagner du temps, calmer l’anxiété, boucher le silence.

Pour s’en débarrasser, Constance explique qu’il faut d’abord les repérer, puis réapprendre à tenir les micro-silences sans paniquer.

Parce qu’un silence bien placé a souvent plus d’impact qu’un flot de mots pour ne rien dire.

Arrêter le film mental après chaque prise de parole

Tu sais, ce moment où tu repasses en boucle tout ce qui n’était « pas parfait » après un live, un appel, une présentation ?

Cette habitude-là est une vraie saboteuse. Parce qu’à force de ne faire que l’autopsie de ses erreurs, le cerveau finit par associer l’oral à un sale moment.

Constance conseille un débrief plus juste :

  • qu’est-ce qui a fonctionné ?
  • qu’est-ce que j’ai réussi à faire différemment ?
  • qu’est-ce que je veux améliorer la prochaine fois ?

L’objectif n’est pas d’être parfaite. L’objectif est de progresser sans se détruire intérieurement.

Le message de Constance pour celles qui évitent toujours de parler en public.

Ta peur est peut-être en train de te coûter beaucoup plus cher que tu ne l’imagines.

Des opportunités. De l’argent. Des rencontres. De la visibilité. De la confiance.

Et surtout : elle te prive peut-être d’exprimer pleinement qui tu es.

La prise de parole en public n’est pas réservée aux personnes naturellement charismatiques. C’est une compétence. Et chez beaucoup de femmes, travailler sa prise de parole devient presque un travail de réconciliation avec sa propre légitimité.

Derrière cette peur, il y a souvent une voix qui attend simplement d’être autorisée à exister.

Pour aller plus loin avec Constance

Si tu veux travailler ta prise de parole de façon structurée, Constance propose des accompagnements individuels très personnalisés ainsi qu’une formation en ligne pour apprendre à parler avec plus de confiance, de clarté et d’impact. On y travaille autant le fond que la forme : gestion du trac, posture, voix, regard, structure du message, affirmation de soi, improvisation et capacité à incarner ton expertise.

L’objectif n’est pas de devenir quelqu’un d’autre. C’est d’arriver à parler en étant pleinement toi-même.

Retrouve sa formation sur lavoixdeconstance.com/formation et suis-la sur Instagram @lavoixdeconstance.

Notre experte

Constance Vergnot, coach en prise de parole en public

Constance Vergnot est coach en prise de parole en public depuis 2019. Elle accompagne les femmes entrepreneures, dirigeantes et salariées à s’exprimer avec plus d’impact, de clarté et de confiance, en travaillant autant la posture mentale que le corps et la voix. Elle propose des accompagnements individuels ainsi qu’une formation en ligne. Retrouve-la sur lavoixdeconstance.com et sur Instagram @lavoixdeconstance.

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